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RETRAITE DE CARÊME À SAINTE CÉCILE
3ème DIMANCHE DE CARÊME
23 mars 2025
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Dans l'épreuve, Ruth reste fidèle et choisit Dieu
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Noémie quitte la terre de Moab - Jacob Pynas
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Élimélek, le mari de Noémi, mourut, et Noémi resta seule avec ses deux fils. Ceux-ci épousèrent deux Moabites ; l’une s’appelait Orpa (c’est-à-dire : Volte-face) et l’autre, Ruth (c’est-à-dire : Compagne). Ils demeurèrent là une dizaine d’années. Mahlone et Kilyone moururent à leur tour, et Noémi resta privée de ses deux fils et de son mari. Alors, avec ses belles-filles, elle se prépara à quitter les Champs-de-Moab et à retourner chez elle, car elle avait appris que le Seigneur avait visité son peuple et lui donnait du pain. (…) Orpa embrassa sa belle-mère, mais Ruth restait attachée à ses pas. Noémi lui dit : « Tu vois, ta belle-sœur est retournée vers son peuple et vers ses dieux. Retourne, toi aussi, comme ta belle-sœur. » Ruth lui répondit : « Ne me force pas à t’abandonner et à m’éloigner de toi, car où tu iras, j’irai ; où tu t’arrêteras, je m’arrêterai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. Où tu mourras, je mourrai ; et là je serai enterrée. Que le Seigneur me traite ainsi, qu’il fasse pire encore, si ce n’est pas la mort seule qui nous sépare ! » Voyant qu’elle était résolue à l’accompagner, Noémi cessa de lui parler de cela.
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LIVRE DE RUTH 1,3-6.14b-18
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Qui est Ruth ?
Ruth est moabite, c’est-à-dire d’une nation païenne. Sa belle-mère, Noémi, est originaire de Bethléem et fait donc partie du peuple de l’Alliance. Avec Elimélek, elle a eu deux fils. Mais la pauvreté les contraint à s’exiler. C’est ainsi qu’ils sont arrivés au pays de Moab. C’est dans ce lieu que leurs deux fils se marient avec des moabites, l’un avec Orpa, l’autre avec Ruth. Le malheur tombe sur cette famille. Noémi perd son mari, puis ses deux fils. Elle se retrouve seule avec ses deux belles-filles. Dans ce malheur, les deux belles-filles décident de suivre leur belle-mère : « elles élevèrent la voix et se mirent à pleurer. » Elles lui dirent : « Nous voulons retourner avec toi vers ton peuple. » (Ruth 1, 9-10). Néanmoins, Orpa n’a pas de lien assez fort avec sa belle-mère et avec ce pays où elle s’en va. Alors elle « retourna vers son peuple » (Ruth 1, 14). C’est le contraire de Ruth. En effet, elle choisit le peuple de l’Alliance. Alors que Ruth vient de perdre son mari, qu’elle a déjà perdu son père, elle choisit le peuple et le Dieu de sa belle-mère. Elle s’exprime même sous mode de serment. À travers Ruth, ce sont les nations païennes qui intègrent le peuple de l’Alliance. Alors qu’elle était libre de rentrer chez elle, comme sa belle-sœur, elle choisit l’Alliance. C’est probablement qu’à travers la vie vécue avec son mari, avec Noémi et Elimélek, elle a pu toucher la présence du Dieu unique et sa bonté. C’est donc à ce Dieu, ce peuple, cette culture qu’elle veut désormais appartenir. Par la suite, en entrant dans le pays de l’Alliance, la Providence s’occupe d’elle et de Noémi. Comme une bénédiction sur son choix, sur sa fidélité, elle rencontre un proche, Booz qui deviendra son mari et son protecteur : « Alors Ruth se prosterna face contre terre et dit à Booz : « Pourquoi ai-je trouvé grâce à tes yeux, pourquoi t’intéresser à moi, moi qui suis une étrangère ? » Booz lui répondit : « On m’a dit et répété tout ce que tu as fait pour ta belle-mère après la mort de ton mari, comment tu as quitté ton père, ta mère et le pays de ta parenté, pour te rendre chez un peuple que tu n’avais jamais connu de ta vie. Que le Seigneur te rende en bien ce que tu as fait ! ». Comment ne pas admirer l’attitude de cette femme, Ruth, qui aurait pu rester au pays de Moab mais préfère choisir un pays lointain et un Dieu qui n’est pas le sien à l’origine. Admirons cette double conversion. Alors qu’elle n’a aucun intérêt, elle choisit l’exil et l’aventure en la seule compagnie de sa belle-mère – qui ne l’est plus vraiment après la mort de son époux. Ainsi sont manifestés à la fois la noblesse de Ruth à travers sa fidélité envers sa belle-mère et son choix de son Dieu, ainsi que la réponse du Seigneur qui la récompense en prenant soin d’elle jusqu’à lui trouver un nouveau mari. Bien plus, Ruth devient pour Noémi une source de bénédiction. Elle était arrivée à Bethléem en disant : « Ne m’appelez plus Noémi (Ma-gracieuse), appelez moi Mara (Amertume). Car le Puissant m’a remplie d’amertume. J’étais partie comblée, mais le Seigneur me ramène les mains vides. Pourquoi m’appeler encore Noémi ? Le Seigneur m’a humiliée, le Puissant m’a fait du mal ! ». Pourtant, les autres femmes lui diront à la fin de sa vie, grâce à la naissance du bébé de Ruth : « Béni soit le Seigneur qui aujourd’hui ne t’a pas laissée sans quelqu’un pour te racheter ! Que son nom soit célébré en Israël ! Cet enfant te fera revivre, il sera l’appui de ta vieillesse. »
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Que retenir pour nous-mêmes ?
Ruth est pour nous la figure de la fidélité, jusqu’à se déposséder de sa propre famille, et de son pays. Elle nous invite nous aussi à avoir confiance dans la fidélité et la Providence de Dieu qui jamais ne nous abandonnent. C’est cette assurance qui nous permet au milieu des épreuves de rester à notre tour fidèle à Dieu et à notre prochain. C’est aussi une nouvelle fidélité qu’il nous faut découvrir, libres de nos attaches passées. Comme Ruth : libre de son pays d’origine, de sa famille d’origine et de sa religion d’origine. Nous sommes libres de choisir et de réaffirmer nos fidélités qui nous conduisent vers le bien.
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- Choisir Dieu, choisir ses commandements, représentent toujours un arrachement à une terre. Comme Ruth, et avant elle Abraham, ne craignons pas de quitter notre terre, pour aller vers la terre promise, celle de l’Alliance avec Dieu.
- La fidélité au Seigneur paie toujours ! Suivre Noémi, lui faire confiance, choisir son Dieu a été pour Ruth source du salut. Quelles sont les personnes que nous devons suivre pour rejoindre sûrement le Seigneur ?
- Ruth aurait eu toutes les raisons de désespérer et d’accuser le Dieu de Noémi de tous ses deuils. Pourtant, elle sait au fond d’elle qu’il est le Dieu de la Vie. Elle n’hésite pas à choisir ce Dieu. Quand avons-nous accusé Dieu de tel ou tel malheur ? Quand est-ce qu’au contraire, dans l’épreuve, nous nous sommes rapprochés de lui ?
- Ruth était libre de repartir chez elle, Orpa l’a d’ailleurs fait sans qu’aucune malédiction y soit associée. De même, nous sommes libres de choisir Dieu, nous avons toujours deux chemins qui sont ouverts devant nous.
Choisissons la vie !
- En suivant Noémi, sa belle-mère, quand elle revient dans son pays d’origine, Ruth quitte ses conforts, ses assurances de vie. Elle prend un risque. Elle risque d’être pauvre et d’être une étrangère là-bas. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour rester fidèles à notre foi ?
- La foi a des ressources infinies de confiance. Ruth a confiance sans savoir ce que Dieu veut d’elle. Confiance en Noémi. Confiance dans le Dieu des juifs. Confiance dans cette nouvelle terre qu’elle dit être la sienne avant de la connaître. Confiance en ce peuple qui est le sien par la foi. Jusqu’à quel point croyons-nous que « mon Dieu pourvoira à tous vos besoins » (Ph 2,19) ?
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Questions
1/ Quelles sont les épreuves qui nous ont éloignés de Dieu ? Quelles sont les épreuves qui nous ont rapprochés de Dieu ? Saurais-je dire pourquoi celle-ci nous a éloignés et celle-ci rapprochés ? .............................................................................................................................. .............................................................................................................................. .............................................................................................................................. 2/ Sommes-nous dans le passé, au milieu des épreuves, restés quelque fois particulièrement fidèles à Dieu, ou à un prochain ? Comment pouvons-nous le relire ? Quelles en ont été les conséquences sur nous et sur nos proches ? .............................................................................................................................. .............................................................................................................................. ..............................................................................................................................
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