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RETRAITE DE CARÊME À SAINTE CÉCILE
5ème DIMANCHE DE CARÊME
6 avril 2025
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Abigaïl, femme de paix
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La rencontre de David et d'Abigaïl - Rubens
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David dit à Abigaïl : « Béni soit le Seigneur, Dieu d’Israël, qui t’a envoyée en ce jour à ma rencontre. Bénie soit ton intelligence, et bénie sois-tu, toi qui m’as retenu aujourd’hui d’en venir au sang et de me sauver par ma propre main ! Mais, par le Seigneur vivant, par le Dieu d’Israël qui m’a empêché de te faire du mal, si tu n’étais pas venue aussi vite à ma rencontre, il ne serait pas resté à Nabal un seul mâle, avant que le matin se lève ! » David reçut de la main d’Abigaïl ce qu’elle lui avait apporté. Puis il lui dit : « Remonte en paix chez toi. Tu le vois : je t’ai écoutée, je t’ai fait grâce. »
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Qui est Abigaïl ?
Abigaïl est la femme de Nabal. Ce dernier « très riche, possédait trois mille moutons et un millier de chèvres » (1 Sam 25,2). « La femme était intelligente et belle, tandis que l’homme était dur et malfaisant » (1 Sam 25,3). Une grande fête avait lieu chaque année pour la tonte des brebis. Tous pouvaient venir. David, qui se cachait dans le désert, envoya deux de ses serviteurs pour en profiter un peu. Il avait rendu service à tout le monde en protégeant la région, sans pour autant abuser de sa puissance. Or, Nabal qui reçoit une demande de ravitaillement par l’entremise de ses deux serviteurs, répond sèchement : « Qui est David et qui est le fils de Jessé ? Ils sont nombreux aujourd’hui, les serviteurs évadés de chez leur maître ! Et je prendrais de mon pain, de mon eau, de mes bêtes que j’ai fait abattre pour mes tondeurs, et je les donnerais à des gens dont je ne sais même pas d’où ils viennent ? » (1 Sam 25,10-11). En apprenant cela David rentre dans une grande fureur et s’apprête à mener une expédition punitive. « C’est donc en pure perte que j’ai protégé tout ce que possédait ce Nabal dans le désert et que rien n’a disparu de ce qu’il possédait ! Il m’a rendu le mal pour le bien. Que Dieu amène le malheur sur David – ou plutôt sur ses ennemis –, et pire encore, si je laisse subsister parmi tous les siens, d’ici demain matin, un seul mâle ! » (1 Sam 25, 21-22). Abigaïl, absente lors de la fête, apprend par l’un des serviteurs la tragédie qui est en train de se jouer. Celui-ci termine son récit ainsi : « Maintenant, tâche de voir ce que tu dois faire, car le malheur est décidé contre notre maître Nabal et toute sa maison. C’est un vaurien : on ne peut même pas lui parler ! ». Le sort de toute la maison de Nabal repose entre les mains d’Abigaïl. Elle prépare à la hâte un généreux chargement de victuailles et part à la rencontre de David et de ses soldats pour apaiser leur colère. Elle se prosterne, face contre terre, devant David et plaide sa cause. C’est bien Nabal qui est le coupable. Mais si Abigaïl avait été mise au courant, cela ne se serait pas produit ainsi. « De grâce, que mon seigneur ne prête pas attention à ce vaurien de Nabal : il porte bien son nom ! Son nom est “le Fou”, et la folie l’accompagne. Mais moi, ta servante, je n’avais pas vu les serviteurs de mon seigneur, ceux que tu avais envoyés » (1 Sam 25,25). Très étonnamment, Abigaïl demande pardon à plusieurs reprises comme si c’était elle la fautive – alors qu’elle n’y est pour rien. Ce faisant, elle porte sur elle le péché de son mari : « S’étant jetée à ses pieds, elle dit : « C’est moi, c’est ma faute, mon seigneur ! » (1 Sam 25,24) et « Pardonne, je te prie, l’offense de ta servante » (1 Sam 25,28). En faisant ainsi, Abigaïl est aussi rusée, « pleine de bon sens » comme le traduit la Bible de Jérusalem. Elle ne prévient pas Nabal son mari qu’elle sait être insensé, et prend les choses elle-même en main. Face à la fureur de David, la seule solution est l’humilité et la réparation. C’est ce qu’elle fait en se jetant à ses pieds et en lui offrant « deux cents pains, deux outres de vin, cinq moutons tout préparés, cinq boisseaux d’épis grillés, cent gâteaux de raisins secs et deux cents gâteaux de figues » (1 Sam 25, 18). Plus fort, elle affirme à David qu’il agit au nom de Dieu en lui disant : « puisque le Seigneur t’a empêché d’en venir au sang » (1 Sam 25,26). Sûre d’elle, dans la foi, elle prophétise sur David qu’il sera bien roi : « le Seigneur fera à mon seigneur une maison stable, parce que toi, mon seigneur, tu as mené les combats du Seigneur et que, de toute ta vie, on ne trouvera pas de mal en toi » (…)« Aussi, lorsque le Seigneur aura fait à mon seigneur tout le bien qu’il a prédit à ton sujet et qu’il t’aura institué chef sur Israël, ce ne sera pas un obstacle pour toi, ni un remords au cœur de mon seigneur, d’avoir versé le sang inutilement, en voulant te sauver par ta propre main » (1 Sam 25,28-31). Ce faisant, elle met en avant qu’en stoppant David, elle lui permet de dépasser sa vengeance et de ne pas fauter en face de Dieu en versant du sang innocent. Son attitude et sa longue prière apaisent la colère de David. La conclusion de cet épisode est saisissante. Après l’intervention d’Abigaïl, David la bénit en abondance. Il la remercie de lui avoir évité de verser le sang. Puis, de retour chez elle, Abigaïl informe son mari de ce qui s’était passé : « Alors le cœur de Nabal défaillit dans sa poitrine, et lui-même fut comme pétrifié. Au bout d’une dizaine de jours, le Seigneur frappa Nabal qui mourut » (1 Sam 38). Enfin, en apprenant la mort de Nabal, « David envoya dire à Abigaïl qu’il la prendrait pour femme » (1 Sam 25,39).
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Que retenir pour nous-mêmes ?
Abigaïl est une femme de paix ! Elle est forte face au danger imminent car elle ne se laisse pas paralyser par la peur ou la colère. Elle ne cherche pas tant à protéger sa vie qu’à sauver toutes les personnes de sa maison et à éviter à David de rentrer dans un cercle de violence. Si la colère de David devenait furieuse, des morts s’ajouteraient aux morts. Des vengeances aux vengeances. Elle espère, par sa démarche, ses paroles, ses dons, arrêter cet engrenage. Elle y parviendra : son initiative fut la plus forte. Elle dégonfla l’orgueil belliqueux de David. Ainsi, elle sait prendre les décisions qui conduisent à la paix. C’est cela qui la rend si « belle à voir » (1 Sam 25,3). Abigaïl invite à la conversion. Elle sort du rapport de force et opte pour la repentance, l’humilité et la demande de pardon. Elle conduit tout le monde à un retour sur soi. D’abord elle se convertit elle-même à la contrition. Elle pourrait ne rien faire, épouser la mauvaise cause de son mauvais mari et se laisser entraîner dans sa folie. Non. Elle sait qu’elle doit venir se présenter les bras ouverts remplis de dons en nourriture pour secourir, aider la troupe et dégonfler l’orgueil mal placé de David. D’autre part, elle convertit David lui-même qui, quand il la voit lui demander pardon, rentre en lui-même et se rend compte à quel point il compte agir avec une logique de violence. Il en prend conscience face à Abigaïl.
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- « Une réponse douce calme la fureur, mais une parole blessante excite la colère » (Pr15,1), « recherche la paix et poursuis-la » (Ps 34,15). Osons sortir des cercles de violence dans nos relations. Quand nous avons des raisons d’aller au conflit, puissions-nous nous désarmer pour choisir la paix.
- Utilisons toute notre intelligence afin que la violence ne l’emporte pas même si elle paraît à première vue légitime.
- Reconnaissons-nous solidaires du péché des autres en sachant demander pardon, en travaillant à la lutte contre les injustices et toutes formes de violence.
- Soyons dans l’espérance. Le Seigneur couronne ceux qui œuvrent pour la paix. La paix est une conquête et elle s’obtient de haute lutte – et d’abord sur soi - mais Dieu nous promet une récompense : « Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).
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Questions
1/ Quels sont les moments où nous avons laissé éclater notre violence à la suite d’une injustice ? Et y-a-t-il eu des moments où des personnes ont réussi à nous apaiser afin que nous sortions de notre colère ? ...................................................................................................................................................................... ...................................................................................................................................................................... ...................................................................................................................................................................... 2/ Avons-nous été dans le passé instrument de paix dans telle ou telle situation ? ..................................................................................................................................................................... ..................................................................................................................................................................... ...........................................................................................................................................................;.........
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